Yanna Rivoalen, la besogneuse !


Du haut de ses 28 ans, elle vient de décrocher, sous le maillot bleu, une troisième place à la Coupe du Monde féminine de rugby.
Retour sur le parcours exceptionnel de cette stakhanoviste qui a su s’imposer comme l’une des toutes meilleures demi de mêlée de sa génération.
Il est bientôt 19h30 et l’entrainement des Putain de Nanas de Villeneuve d’Ascq va commencer. Et alors que la plupart des joueuses discutent en attendant le coup de sifflet de l’entraîneur, on distingue au loin une silhouette qui répète inlassablement le même geste. Une passe sur le poteau. Et ça fait mouche. A chaque fois. Yanna Rivoalen se cache derrière cette silhouette.
C’est comme cela, que la Picarde originaire de Saint-Just en Chaussée, a gagné ses éperons et le droit de porter le maillot frappé du coq. En travaillant, plus que les autres.
Joueuse de basket, elle découvre tardivement le rugby au lycée et ne signe sa première licence qu’en 2009, en débarquant à Villeneuve d’Ascq pour ses études.
Deux ans plus tard, elle obtient le CAPEPS, à l’âge de 22 ans, ce qui fait d’elle l’une des plus jeunes diplômées de France pour cet examen.
Et si sur les terrains, Yanna fait le bonheur de son club avec lequel elle deviendra Championne de France en 2016, personne ne lui prédit un avenir international. Elle va pourtant savoir saisir l’unique chance qu’on lui offre, lors d’une tournée d’été en Juin 2103.
Dès lors, tout s’accélère. Sélectionnée pour la Coupe du Monde 2014, elle repart avec une troisième place mais très peu de temps de jeu.
« C’était un expérience magnifique mais très frustrante. Après 2014, je n’avais qu’une idée en tête, revenir plus forte pour jouer la Coupe du Monde 2017 »
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Grâce à un emploi du temps adapté, elle s’impose alors un rythme d’entraînement intensif, à raison de plusieurs heures quotidiennes,. Le garage est transformé en salle de musculation et le jardin en parcours de travail technique. Trois ans d’acharnement quotidien qui en font la numéro 9 titulaire des Bleues pour la Coupe du Monde.
« Je n’avais que ça à l’esprit. Je travaillais tous les jours dans l’ombre. Je voulais obtenir le geste parfait. Je voulais devenir la meilleure »
Et elle l’a fait. Puisqu’à l’impossible nul n’est tenu. Et surtout pas à notre Yanna !
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